04.11.2026
En bref : La réglementation drone FPV en France découle du règlement européen 2019/947 : il n’existe pas de règle à part pour le vol en immersion. Un drone FPV vole en catégorie ouverte s’il en respecte les limites, avec un observateur placé à côté de vous qui garde le drone en vue. Un drone fait maison vole en sous-catégorie A1 sous 250 g, en A3 jusqu’à 25 kg. En France, la vidéo 5,8 GHz est limitée à 25 mW PIRE et la radiocommande 2,4 GHz à 100 mW PIRE. L’enregistrement exploitant sur AlphaTango s’applique dès 250 g ou si le drone a une caméra.
Réglementation drone FPV : le vol en immersion est autorisé avec un observateur
Le FPV (first person view, ou vol en immersion) consiste à piloter avec des lunettes qui affichent l’image de la caméra du drone. Votre drone FPV suit les règles de la catégorie ouverte : moins de 25 kg, 120 m de hauteur au maximum, vol de jour, jamais au-dessus d’un rassemblement de personnes.
La difficulté tient à la vue directe. En catégorie ouverte, le télépilote doit garder le drone en vue et surveiller l’espace aérien autour de lui (point UAS.OPEN.060). Avec des lunettes, vous ne voyez plus le drone. L’EASA admet donc le vol en immersion à une condition : une autre personne, l’observateur, garde un contact visuel direct avec le drone pendant tout le vol.
Les règles pour l’observateur :
- il se tient à côté de vous, pas à distance ;
- il voit le drone à l’œil nu, sans jumelles ;
- vous communiquez clairement : il doit pouvoir vous demander d’atterrir immédiatement ;
- il ne sert pas à aller plus loin : le drone reste à une distance où il est nettement visible depuis votre position.
Aucune qualification n’est exigée de l’observateur, mais il doit connaître les règles. Vous restez responsable de la sécurité du vol, même avec un observateur. Pour apprendre sans risque, commencez sur ordinateur : voyez notre article sur les simulateurs de vol FPV.
Selon l’EASA, une course ou une démonstration devant des spectateurs relève de la catégorie spécifique et demande une autorisation.
Drone FPV du commerce ou fait maison : quelle sous-catégorie ?
La sous-catégorie dépend du marquage de classe du drone (C0 à C4). Pour un drone sans marquage, c’est la masse qui compte. Voici les cas les plus fréquents en FPV.
| Votre drone | Sous-catégorie | Ce que cela implique | Formation |
|---|---|---|---|
| Classe C0 (moins de 250 g) | A1 | Survol de personnes non impliquées toléré, jamais au-dessus d’un rassemblement | Lecture de la notice, formation en ligne A1/A3 recommandée |
| Classe C1 (exemple : DJI Avata 2) | A1 | Pas de survol volontaire de personnes non impliquées | Formation et examen en ligne A1/A3, gratuits |
| Fait maison, moins de 250 g et moins de 19 m/s | A1 | Mêmes possibilités qu’un drone C0 | Examen en ligne A1/A3 recommandé par la DSAC |
| Fait maison, de 250 g à moins de 25 kg | A3 | Loin des personnes, à 150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives | Formation et examen en ligne A1/A3, gratuits |
| Du commerce sans marquage, déjà sur le marché avant 2024 | A1 sous 250 g, A3 au-dessus | Limites selon la masse | Formation et examen en ligne A1/A3 au-dessus de 250 g |
Un drone « construit à titre privé » est un drone que vous assemblez vous-même pour votre propre usage. C’est le cas de la plupart des drones FPV de freestyle montés pièce par pièce. Deux seuils comptent : moins de 250 g et une vitesse inférieure à 19 m/s pour voler en A1, moins de 25 kg pour voler en A3. La sous-catégorie A2 exige un drone de classe C2 : un drone fait maison n’y a pas accès.
En A3, la contrainte est forte : aucune personne non impliquée dans la zone de vol et 150 m de distance avec les zones habitées. Le freestyle se pratique donc surtout en pleine nature, sur un terrain privé avec accord du propriétaire, ou en club. Si vous avez un doute sur le statut d’un drone prêt à voler vendu sans marquage, posez la question à la DSAC avant de voler.
Fréquences et puissances autorisées en France
L’émetteur vidéo et la radiocommande de votre drone sont des dispositifs à courte portée. En France, leurs conditions d’utilisation sont fixées par la décision Arcep n° 2014-1263, dont l’annexe technique a été remplacée par la décision n° 2021-1589 du 29 juillet 2021. Les puissances indiquées sont rayonnées (PIRE ou PAR).
| Usage | Bande | Puissance maximale | Condition |
|---|---|---|---|
| Vidéo 5,8 GHz (analogique ou numérique) | 5 725 à 5 875 MHz | 25 mW PIRE | Rester dans la bande : un canal en dehors n’est pas couvert |
| Radiocommande 2,4 GHz | 2 400 à 2 483,5 MHz | 100 mW PIRE | Transmission de données à large bande, avec techniques d’accès au spectre ; sinon 10 mW PIRE |
| Radiocommande 868 MHz | 868,0 à 868,6 MHz | 25 mW PAR | Techniques d’accès au spectre ou coefficient d’utilisation limité à 1 % |
| Radiocommande 869 MHz | 869,40 à 869,65 MHz | 500 mW PAR | Techniques d’accès au spectre ou coefficient d’utilisation limité à 10 % |
En pratique, réglez votre émetteur vidéo à 25 mW sur un canal compris entre 5 725 et 5 875 MHz. Les réglages à 200 mW ou plus, courants sur les émetteurs vendus en ligne, dépassent cette limite. En 868 MHz, choisissez une configuration ExpressLRS prévue pour l’Europe et vérifiez la puissance réglée dans EdgeTX.
Les systèmes numériques du commerce intègrent ces limites dans leur version européenne. Selon sa fiche technique, le DJI Avata 2 émet en 5,8 GHz à moins de 14 dBm PIRE en version CE, soit 25 mW. Pour découvrir ce modèle en détail, lisez notre présentation du DJI Avata 2.
Enregistrement exploitant et classes C0 et C1
Vous devez vous enregistrer comme exploitant sur le portail AlphaTango si votre drone pèse 250 g ou plus, ou s’il porte une caméra (sauf jouet). Presque tous les drones FPV sont concernés. L’enregistrement vous donne un numéro d’exploitant, à apposer sur vos drones. L’enregistrement du drone lui-même s’ajoute au-delà de 800 g.
Côté classes, le DJI Avata 2 porte le marquage C1 en Europe, pour une masse d’environ 377 g. Il vole donc en A1 après la formation et l’examen en ligne A1/A3, gratuits sur AlphaTango. Avec des lunettes, l’observateur reste nécessaire, quelle que soit la classe.
Où voler et quels risques en cas d’infraction
Avant chaque session, consultez la carte des restrictions sur Géoportail. En catégorie ouverte, le vol dans l’espace public en agglomération est interdit, quel que soit le drone. Pour le détail, voyez notre article sur les règles de la catégorie ouverte.
Les sanctions sont lourdes. Voler sans le certificat requis expose à une amende de 450 € (formation A1/A3) à 750 € (BAPD, CATS), et l’absence d’enregistrement à 750 €. Le survol d’une zone interdite est puni de 6 mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende par négligence, d’un an et 45 000 € s’il est volontaire.
Se former avec Prepa-Drone : la formation Pilote FPV ouvre le 15 novembre 2026 et la réservation est déjà possible. Elle dure environ 28 h 30, dont 10 h de simulateur, sur 9 à 12 semaines, 100 % en ligne. Prix : 149 € net (TVA non applicable).
Prérequis : une radiocommande EdgeTX en version ExpressLRS et un simulateur (Liftoff ou VelociDrone), pour un budget indicatif de 100 à 150 €. Aucun drone n’est nécessaire pour commencer. Le programme couvre la réglementation, Betaflight, ExpressLRS et EdgeTX en conformité française, avec un Passeport FPV de N0 à N5. L’attestation de niveaux porte sur le simulateur et n’a pas de valeur réglementaire.
Découvrir la formation Pilote FPV ou appeler le 04 30 96 81 86.
Questions fréquentes
Faut-il un permis pour piloter un drone FPV ?
Il n’existe pas de permis drone unique. Au-dessus de 250 g, ou avec un drone de classe C1, vous devez suivre la formation et réussir l’examen en ligne A1/A3, gratuits sur AlphaTango. Sous 250 g, cette formation est recommandée.
Peut-on voler seul avec des lunettes FPV ?
Non, pas en catégorie ouverte. Un observateur doit se tenir à côté de vous et garder le drone en vue à l’œil nu, pour vous alerter et vous demander d’atterrir si besoin.
Quelle puissance pour un émetteur vidéo 5,8 GHz en France ?
25 mW PIRE au maximum, sur un canal compris entre 5 725 et 5 875 MHz, selon les conditions fixées par l’Arcep pour les dispositifs à courte portée.
Un drone FPV fait maison est-il légal ?
Oui. Un drone construit à titre privé vole en sous-catégorie A1 s’il pèse moins de 250 g et vole à moins de 19 m/s, et en A3 s’il pèse moins de 25 kg. L’enregistrement exploitant reste obligatoire s’il pèse 250 g ou plus ou s’il porte une caméra.
Sources : EASA, FAQ vol avec lunettes en catégorie ouverte ; EASA, Drone racing et FPV ; EASA, Easy Access Rules UAS (règlement 2019/947, AMC et GM) ; DSAC, Guide catégorie Ouverte (éd. 2, v1.1) ; Exploitation des drones en catégorie ouverte ; Arcep, décision n° 2021-1589 ; DJI Avata 2, caractéristiques techniques (consultées le 04.11.2026).
Pour aller plus loin :
- Les simulateurs de vol FPV pour apprendre et progresser
- DJI Avata 2 : le drone FPV tout-en-un pour débutants et confirmés
- Quelles règles de pilotage respecter en catégorie ouverte ?
- Drone de moins de 250 g : quelles règles et faut-il une formation ?
- Permis drone : faut-il un permis pour piloter un drone en 2026 ?